Un nouveau forum de collaboration scientifique en Afrique, l’ASTIL (African Science, Technology and Innovation Leaders), a été lancé en janvier, piloté par Heide Hackmann.
« Les discussions stratégiques sur la science ont lieu à huis clos sur le continent africain. Les acteurs de la science en Afrique ne discutent presque jamais entre eux, et les débats sur les mêmes sujets se parallélisent », déclare au bureau Afrique de News Tank Heide Hackmann, titulaire de la chaire « Futurs de la science » au Crest (Center for Research in Evaluation, Science and Technology) de l’Université de Stellenbosch, en Afrique du Sud, le 28/04/2025.
« Pour améliorer la visibilité de la science africaine, et répondre aux besoins et intérêts de la communauté scientifique africaine, ces leaders doivent se rencontrer régulièrement. C’est dans ce but que nous avons créé le forum Astil (African Science, Technology and Innovation Leaders) », ajoute-t-elle.
La réunion de création de l’Astil a rassemblé fin mars 2025 à Stellenbosch, outre des responsables du Crest et des universités de Pretoria et du Cap, en Afrique du Sud, les représentants de six réseaux d’universités et d’instituts de recherche, qui en composent le noyau fondateur :
- l’Académie africaine des sciences (AAS) ;
- le Réseau des académies des sciences africaines (Nasac) ;
- l’Association des universités africaines (AAU) ;
- l’Alliance africaine des universités de recherche (Arua) ;
- la fondation Science for Africa (SFA Foundation) ;
- l’Initiative des organismes subventionnaires de la recherche scientifique (IOSRS/SGCI).
Les objectifs et l’organisation d’Astil
Relier les acteurs de la recherche africaine entre eux pour faciliter les collaborations : c’est la vocation de l’Astil. « En devenant un membre, vous saurez ce que font les autres, vous obtiendrez l’accès aux discussions stratégiques se déroulant sur le continent et dans le monde, et vous contribuerez à agrandir l’influence et à porter la voix de la science africaine sur la scène mondiale », ajoute Heide Hackmann.
L’Astil permet à ses membres de collaborer entre eux, mais aussi de faire front commun dans les discussions sur la politique scientifique en Afrique. Pour éviter, par exemple, que des responsables africains ne se rencontrent pour la première fois lors de discussions menées en dehors du continent, comme cela arrive souvent. Le forum vise aussi à constituer une masse critique qui en ferait un point d’entrée sur le continent pour des partenaires d’autres parties du monde.
« Normalement avec ce genre d’initiative, il faudrait développer un modèle de gouvernance, une constitution, des règles et régulations pour les membres, et cela prendrait cinq ans », rapporte la dirigeante. Astil est donc construit « de bas en haut » : la priorité est d’abord de rassembler les organisations fondatrices. Les discussions techniques sur l’organisation et les règles du forum auront lieu par la suite.
Un accès limité aux fondateurs
Cela a pour conséquence de limiter, du moins pour l’instant, l’accès au forum à ses membres fondateurs. « Ce que nous souhaitons faire, c’est qu’au lieu de nous occuper des détails administratifs, comme les admissions par exemple, nous nous focaliserons sur une problématique, comme le financement des sciences, de la technologie et de l’industrie, pour montrer ce que nous pouvons accomplir. ».
Avec comme espoir que les résultats des premiers travaux de l’Astil sur le financement de la recherche en Afrique encourageront d’autres membres à candidater. Les débuts du forum ont été financés par l’Université de Stellenbosch, qui s’est engagée sur trois ans, et par Future Africa, une plateforme collaborative de recherche à l’université de Pretoria qu’Heide Hackmann a dirigé pendant deux ans. Ces premières rentrées d’argent ont permis d’organiser les réunions initiales du projet. « Nous avons donc aussi soutenu les membres du forum, assure-t-elle. Mais à l’avenir, nous devrons discuter avec eux et leur dire que maintenant nous avons besoin de soutien à long terme ».
Cet article produit par Afriscitech a été publié par NewsTank Éducation & Recherche le 28/04/2025. Il est reproduit avec l’aimable autorisation de NewsTank.


