Et alors, je suis géophysicien !

Frank Kalala et ses collègues enregistrent des données magnétométriques au sol, en 2020 (à gauche), et des valeurs de résistivité lors d'une campagne de polarisation induite, en 2023 (à droite). Crédits : Frank Kalala Kaniki
Frank Kalala et ses collègues enregistrent des données magnétométriques au sol, en 2020 (à gauche), et des valeurs de résistivité lors d’une campagne de polarisation induite, en 2023 (à droite). Crédits : Frank Kalala Kaniki

Un géophysicien congolais raconte son parcours, de l’école à l’entreprise, en passant par l’université de Lubumbashi

Dès mon plus jeune âge, ma mère m’a fait participer à ses calculs quotidiens d’inventaire après les ventes : elle jetait, sans le savoir, les bases de mon profond attachement à la science. Cette activité apparemment simple a déclenché chez moi un amour et une passion pour les sciences mathématiques, physiques et chimiques.

Au cours de mes études secondaires, j’ai choisi la filière scientifique, en me concentrant plus particulièrement sur les mathématiques et la physique, dans le but de poursuivre mes études en sciences géologiques au niveau universitaire. Cette décision a été fortement influencée par mon professeur de physique et de géométrie descriptive, M. Séraphin, et par les encouragements de mon ami Stopack.

Toutes les sciences de base pour les géosciences

Avec une base solide en sciences fondamentales acquise au lycée, j’étais prêt à approfondir mon domaine de prédilection. Après avoir terminé mes études secondaires, je me suis inscrit à l’université de Lubumbashi, où j’ai été major de ma promotion en sciences géologiques avec une moyenne de 13,5/20 au cours de l’année académique 2020-2021. Les géosciences étant un domaine pluridisciplinaire, elles intègrent toutes les sciences fondamentales, et cette ouverture a alimenté ma passion.

Au cours de ma deuxième et dernière année d’université, j’ai développé un vif intérêt pour les cours d’introduction à la géophysique et de géophysique appliquée. Ces matières n’étaient pas seulement des exigences académiques, mais une source de grande excitation et de stimulation intellectuelle. Comprendre comment les lois et les principes physiques sous-tendent les différentes méthodes géophysiques me procurait une incroyable montée d’adrénaline !

Consultance en géophysique

Après avoir obtenu ma licence, j’ai commencé ma carrière professionnelle chez Crust Consulting Group, société de conseil en géophysique dirigée par le professeur Étienne, titulaire d’un doctorat en géophysique. Pendant un an et demi, j’ai participé à divers projets d’exploration géophysique, notamment en polarisation spontanée, en magnétométrie et en prospection magnétotellurique. Cette expérience m’a permis d’acquérir des connaissances pratiques et un bagage exceptionnel en matière de prospection minière, de physique de la Terre et de systèmes d’information géographique. Nous avons aussi effectué des tests de gravimétrie et des études sismiques.

Par la suite, j’ai obtenu un poste chez Integral Maintenance Logistic en tant que géophysicien spécialisé dans l’acquisition de données et la gestion de bases de données. J’y ai travaillé sur des études magnétométriques et de polarisation induite sous la direction du géophysicien expert Saibal Kumar Pantanayak, qui a 35 ans d’expérience dans ce domaine. Ces expériences ont non seulement renforcé mes compétences techniques, mais aussi approfondi mon goût pour les sciences fondamentales.

Le choix des mathématiques et de la physique

Partager ce parcours dans cet article est une occasion unique de souligner le rôle indispensable, indissociable et essentiel des sciences fondamentales – mathématiques, physique et chimie – dans notre vie quotidienne et notre activité professionnelle. Bien que ces sciences passent souvent inaperçues, leurs principes fondamentaux sont omniprésents et utilisés dans diverses applications. Cette prise de conscience est résumée dans l’une de mes citations préférées : « Si l’on n’en parle pas, la physique et les mathématiques ne peuvent prétendre aux honneurs souvent attribués aux ingénieurs ».

Ainsi, ce parcours fait de passion, de dévouement, de sacrifices, de réussites académiques et de curiosité scientifique s’est révélé très enrichissant. Alors que certains y voient un destin ou une voie prédéterminée, j’y vois un choix – le choix d’être captivé par l’amour des mathématiques et de la physique, et de payer le prix de cette passion. Et voici le résultat.

Franck Kalala Kaniki

Article produit avec le soutien de Raïssa Malu

Cet article a d’abord été publié par la Lettre d’information de la physique africaine, édition de novembre 2024. Il a été traduit en français par Afriscitech avec l’autorisation de l’American Physical Society.

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