Cet article produit par Afriscitech a été publié par NewsTank Éducation & Recherche le 28/01/2025. Il est reproduit avec l’aimable autorisation de NewsTank.
L’
université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC) est accréditée par le
Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur français (Hcéres) depuis octobre 2024. Outre l’établissement, plusieurs diplômes sont aussi accrédités par l’organisme français : le master en santé publique et le master en microbiologie et immunologie, diplômes communs de l’UGANC et du CEA-PCMT (
Centre d’excellence africain pour la prévention et le contrôle des maladies transmissibles).
Ces accréditations s’inscrivent dans la stratégie du recteur de l’université, Alpha Kabinet Keita, depuis son arrivée en février 2022. «
Dès ma prise de fonctions, je me suis employé à mettre l’UGANC en conformité avec les exigences du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation : toute institution d’enseignement supérieur doit être habilitée à délivrer des diplômes, diplômes eux-mêmes inscrits au sein de programmes accrédités », déclare-t-il au bureau Afrique de News Tank, le 28/01/2025.
Entre 2022 et 2024, l’
Anaq (Agence nationale guinéenne d’assurance qualité), créée en 2017, a accrédité 36 programmes sur 43, et habilité l’université à délivrer 72 diplômes.
« Ce processus nous a montré que la démarche d’accréditation est intéressante en termes d’amélioration des pratiques et de qualité, selon Alpha Kabinet Keita.
Comme, en parallèle, nous avions rédigé notre politique d’ouverture internationale, nous avons pensé utile de nous tourner aussi vers une évaluation par une entité qui ne soit pas guinéenne. »
Une évaluation internationale
La présence au sein de l’UGANC du CEA-PCMT, financé par la Banque mondiale, a encouragé et facilité ce processus d’accréditation internationale. Les CEA ont en effet dans leurs missions de participer à la vie des institutions qui les abritent, et particulier à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la recherche.
Un budget spécifique alloué par la Banque Mondiale a permis de lancer un appel d’offres pour l’accréditation de l’UGANC, et celle des deux masters communs, à l’issue duquel le Hcéres a été retenu.
L’évaluation par le Hcéres a porté sur six critères :
- Définition de la stratégie de l’établissement.
- Gouvernance et dispositifs de mise en œuvre de la stratégie.
- Politique de la recherche.
- Politique de l’innovation et impact sociétal.
- Politique de la formation.
- Vie étudiante et vie de campus.
Démarrée en juin 2024, cette évaluation a abouti en octobre 2024 aux décisions d’accréditation, de trois ans pour l’UGANC dans son ensemble, et de cinq ans pour chacun des masters. Ces décisions ont été rendues publiques mi-janvier 2025. Les rapports
seront bientôt publiés sur le site du Hcéres.
Les recommandations du Hcéres
L’accréditation de l’UGANC est accompagnée de six recommandations pour l’avenir :
- Créer un service dédié à la recherche, mutualisé avec les centres de recherche, en soutien aux chercheurs pour le montage de projets et à la gouvernance pour le pilotage.
- Poursuivre dans la voie de la régionalisation de l’offre de formation et y associer des structures de recherche.
- Mettre en place une interface avec le monde socio-économique, recenser et animer la communauté des alumni.
- S’engager dans un schéma directeur des ressources humaines pour relever le défi des compétences nécessaires au projet.
- Formaliser un dispositif d’accueil des étudiants internationaux, hors mobilités organisées.
- Valoriser l’investissement des étudiants dans des activités culturelles et sportives au sein des programmes de formation.
Par ailleurs, le Hcéres appelle à une redéfinition des relations entre l’UGANC et l’État guinéen, pour aller vers une plus grande autonomie de l’université, tant sur les objectifs que sur les moyens.
Les accréditations des masters sont aussi accompagnées de recommandations, notamment de développement d’un enseignement un peu moins théorique, avec plus d’enseignements pratiques et de stages. La promotion de la langue anglaise, ainsi que du développement durable sont aussi suggérés.
Les vertus de l’accréditation
Pour le recteur de l’’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, cette accréditation internationale a plusieurs vertus :
- « elle met en évidence les forces, les faiblesses, les menaces et les opportunités de l’UGANC, ce qui permet d’agir pour la consolidation de ce qui va et pour l’amélioration de ce qui ne va pas » ;
- « elle renforce la confiance des jeunes Guinéens dans la qualité des diplômes que nous délivrons : l’UGANC est compétitive à l’échelle internationale » ;
- « elle peut permettre de réduire les préjugés quant au niveau réel de nos diplômés qui vont poursuivre leur cursus dans des universités étrangères : aujourd’hui, il n’est pas rare qu’une université européenne demande à un titulaire de master guinéen de refaire une année de master 2 avant d’entamer un doctorat » ;
- « elle permettra de promouvoir des collaborations avec d’autres institutions d’enseignement supérieur à travers le monde » ;
- « elle facilitera l’accès à des financements internationaux, par la Banque mondiale ou d’autres organismes. »
Pour l’avenir, il souhaite demander une accréditation internationale pour d’autres diplômes. Ce processus reste toutefois limité par les possibilités budgétaires de l’université.
Les activités du Hcéres en Afrique
En 2024, l’activité africaine du Hcéres a été :
- 32 formations évaluées, dont 30 accréditées (la plupart de ces formations concernaient les sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) ;
- 4 établissements évalués, tous accrédités.
L’université Gamal Abdel Nasser
Créée en 1962 sous le nom d’Institut Polytechnique de Conakry, elle a pris son nom actuel en 1989. Elle accueille, début 2025, 4 840 étudiants.
Elle propose 45 programmes : 23 programmes de formation initiale et de courte durée (licence, doctorat d’État, diplômes interuniversitaires, diplômes d’études spécialisées), 10 programmes de master, 12 programmes de doctorat.
Elle est structurée en cinq facultés et instituts : Institut polytechnique, Institut des chemins de fer, faculté des sciences, faculté des sciences et techniques de la santé, Centre informatique.
Elle abrite deux écoles doctorales :
- sciences et techniques ;
- sciences de la vie, de la santé et de l’environnement.