Le ministre marocain de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Azzedine El Midaoui, a annoncé le 07/04/2025 le lancement du Pnardi (programme national d’appui à la recherche, développement et innovation).
« Le programme national d’appui à la recherche, développement et innovation marocain repose sur plusieurs appels à projets ciblés, ouverts aux universités, centres de recherche, start-up, et entreprises », déclare Ghislaine El Abid, doctorante au Centre population et développement de l’IRD (Institut de recherche pour le développement), interrogée par le bureau Afrique de News Tank le 29/05/2025. Il finance des projets collaboratifs autour de thématiques clés.
Le plan a été dévoilé lors d’une cérémonie qui s’est tenue à Benguérir, sur le campus de l’Université Mohamed VI Polytechnique (UM6P).
L’initiative affiche plusieurs objectifs :
- former une nouvelle génération de scientifiques marocains ;
- faire avancer la recherche marocaine dans des secteurs à haut potentiel d’innovation, comme la souveraineté alimentaire, le réchauffement climatique ou les énergies renouvelables ;
- faciliter le passage des projets scientifiques marocains du laboratoire au marché.
Le Pnardi est financé à la hauteur d’un milliard de dirhams (environ 95 M€), apportés conjointement par le Mesri et par la Fondation OCP, outil philanthropique du groupe Office Chérifien des Phosphates. L’UM6P et le Centre national pour la recherche scientifique et technique sont aussi partenaires de l’accord.
200 millions de dirhams (19 M€) seront notamment affectés à la mobilisation des chercheurs de la diaspora marocaine, afin qu’ils contribuent, d’une façon ou d’une autre, à l’amélioration de l’excellence scientifique marocaine.
Les sous-programmes du Pnardi
La formulation précise des appels à projets n’a pas encore été divulguée. Toutefois, le Pnardi se déclinera en trois sous-programmes complémentaires :
- le programme R-D jeunes chercheurs (Ibn Battouta), pour soutenir l’émergence de nouvelles générations de scientifiques ;
- le programme R-D thématiques prioritaires (Ibn Albanna), ciblant des axes stratégiques à fort potentiel d’innovation ;
- le programme transfert technologique (Nefzaouia) dédié au renforcement du lien entre la recherche et les besoins économiques en favorisant la création de richesse à partir des avancées scientifiques.
Les fonds seront versés en quatre phases d’ici 2028, pour des projets collaboratifs ouverts à la communauté scientifique marocaine.
Mécanismes d’évaluation
Le programme prévoit aussi des mécanismes d’évaluation et de suivi, pour s’assurer du bon déroulement des projets scientifiques sous son égide.
« On ne peut être que ravi que la recherche a été sollicitée pour s’associer non seulement dans une optique de recherche-action mais aussi dans une optique d’évaluation. Il ne s’agit pas simplement de distribuer des subventions, mais bien de structurer des écosystèmes d’innovation territorialisés, où chaque acteur a un rôle à jouer », ajoute Ghislaine El Abid.
« Jusqu’à récemment, la recherche semblait complètement dissociée de l’action publique et politique au Maroc. Le Pnardi permettra d’identifier les problèmes rencontrés dans le pays et former les compétences pour y faire face », poursuit la chercheuse.
Selon Ghislaine El Abid, le programme permettra au pays d’évaluer l’efficacité de ses travaux scientifiques. « Il y a une volonté de renforcer le lien entre la science marocaine et le développement du pays. Ce programme permettra au Maroc de mieux se positionner à l’échelle mondiale en stimulant la recherche dans des domaines à fort potentiel et en mobilisant sa diaspora », selon la scientifique.
Outre le Mesri et le CNRST, les principaux partenaires sont l’UM6P et l’OCP. Ces deux organismes sont déjà très engagés dans la recherche appliquée, et le Pnardi est une opportunité de renforcer leur rôle dans l’écosystème national. L’UM6P devrait mobiliser ses infrastructures, son capital humain et ses partenariats internationaux déjà nombreux pour structurer des projets à forte valeur ajoutée.
« Je vois cette première étape comme un projet pilote qui pourrait être étendu à d’autres universités marocaines sur l’ensemble du territoire national », conclut Ghislaine El Abid.
Cet article produit par Afriscitech a été publié par NewsTank Éducation & Recherche le 16/06/2025. Il est reproduit avec l’aimable autorisation de NewsTank.