L’université Mohamed VI Polytechnique, installée depuis 2013 à Benguerir, près de Marrakech, dispose aussi de campus en France, au Canada et en Côte d’Ivoire
« L’UM6P se positionne comme une plateforme académique et scientifique permettant de conduire des recherches contextualisées en Afrique », déclare Jones Alami, directeur de la recherche de l’Université Mohammed VI Polytechnique, à News Tank, le 23/06/2025.
Inaugurée en 2017, elle compte 7 000 étudiants et 348 professeurs permanents. Elle dispose aussi de plusieurs branches à l’étranger, notamment en France, au Canada et en Côte d’Ivoire. Ces branches « facilitent l’établissement de relations structurées avec des écosystèmes académiques et scientifiques à l’international ».
Le second objectif de l’UM6P est « d’attirer et de mobiliser la diaspora marocaine et africaine, très présente en Europe et en Amérique du Nord ».
Enfin l’établissement cherche à attirer des scientifiques internationaux. il compte 15 % de chercheurs étrangers. « Nous avons principalement des collaborations dans le domaine de la recherche scientifique, mais sommes aussi ouverts à des collaborations académiques », indique le directeur de la recherche, soulignant que l’établissement participe au programme Erasmus +.
Pourquoi l’UM6P a-t-elle été créée ?
L’UM6P est une institution créée pour répondre aux besoins du Maroc et de l’Afrique en matière de recherche et d’innovation. Au Maroc, les universités sont principalement axées sur l’éducation, et la recherche passe au second plan, tandis que l’UM6P est une université de recherche avant tout. Nous avons une vision claire, une feuille de route précise, et des objectifs précis. Toutefois, nous accordons aussi une grande importance à l’éducation, car cela nous paraît important de former des étudiants hautement qualifiés pour alimenter nos capacités scientifiques. Le troisième pilier de l’UM6P est l’entrepreneuriat : il s’agit de passer la recherche du stade théorique au laboratoire, puis au stade industriel.
Quels rôles jouent les branches françaises, canadiennes et ivoiriennes de l’UM6P ?
Nous collaborons et communiquons activement avec les branches françaises et canadiennes de l’UM6P. Ces branches ont trois objectifs : le premier est de nous rendre plus visible à l’étranger, et de promouvoir notre vision et les résultats de nos travaux. Elles facilitent l’établissement de relations structurées avec des écosystèmes académiques et scientifiques à l’international. Le second objectif est d’attirer et de mobiliser la diaspora marocaine et africaine, très présente en Europe et en Amérique du Nord. Beaucoup d’entre eux veulent poursuivre leur recherche au Maroc, contribuer à son rayonnement, et s’y installer par la suite : suivre une partie de leur formation à l’UM6P leur facilitera les choses. Enfin, le troisième objectif est d’attirer des scientifiques internationaux. 15 % des chercheurs de l’UM6P sont internationaux, et nous voulons que plus de non-marocains puissent venir et puissent voir le Maroc comme un hub de recherche, où il est possible de collaborer, ou même d’installer sa recherche.
Ces branches vous ont-elles permis de décrocher de nouveaux partenariats ?
Absolument. Elles nous ont permis de créer des collaborations en matière de recherche, mais aussi de créer des consortiums. Par exemple, j’ai récemment eu une réunion avec le groupe Insa (Institut national des sciences appliquées), pour un appel à projets commun. Cette réunion a été organisée par l’intermédiaire de l’UM6P Paris. Ces partenariats pourraient être créés depuis le Maroc, mais quand nous sommes présents directement dans d’autres pays, nous avons une vision plus précise de ce qui s’y passe.
Quels partenariats l’UM6P a-t-elle noués avec d’autres universités et institutions ?
Nous avons des collaborations avec le MIT (Massachusetts Institute of Technology), avec l’université Stanford, avec l’université de Waterloo au Canada, et avec plusieurs universités françaises, allemandes, suédoises ou britanniques. Nous avons, en tout, plus d’une centaine de collaborations avec de grandes universités à travers le monde, avec lesquelles nous organisons des échanges d’étudiants et de personnel académique.
Êtes-vous à la recherche de nouveaux partenaires ?
Absolument. L’UM6P se positionne comme une plateforme académique et scientifique permettant de conduire des recherches contextualisées en Afrique, avec des conditions naturelles, économiques et sociales spécifiques. Quand vous regardez les énergies renouvelables par exemple, nous avons un climat et des conditions différentes. Par exemple, le climat est chaud dans les déserts du sud du pays, ou humide le long des côtes. Ce sont des conditions importantes pour les scientifiques dans ces domaines, et qui leur permettront de trouver plus facilement des solutions à leurs travaux. Cela fait partie intégrante de ce que nous voulons accomplir à l’UM6P.
Cherchez-vous uniquement des partenariats scientifiques ?
Nous avons principalement des collaborations dans le domaine de la recherche scientifique, mais sommes aussi ouverts à des collaborations académiques. Nous considérons que l’éducation est aussi importante que la recherche. Nous faisons partie par exemple du programme Erasmus +, et nous sommes en train d’élaborer des programmes d’échanges moins étendus et plus rapides, pour nos élèves, et pour permettre à notre personnel éducatif d’enseigner et de se déplacer à l’étranger. Il est aussi possible d’organiser des co-diplômes. Nous en avons déjà pour nos masters et nos doctorats, mais nous n’en avons pas encore pour les licences, chose à laquelle nous sommes en train de remédier activement.
Comment une université française peut-elle nouer un partenariat avec l’UM6P ?
Le plus simple est de prendre contact avec la direction de la recherche ou avec le département des partenariats. Si vous avez déjà des contacts dans l’université, ceux-ci pourront me prévenir. Ensuite, le parcours habituel consiste d’abord en une réunion exploratoire où nous discutons de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas. Enfin, si les discussions vont dans le bon sens, nous pouvons décider d’établir une collaboration et d’en négocier les termes.
Cet article a été publié le 18/07/2025 par NewsTank Éducation et Recherche qui autorise gracieusement sa reproduction ici.


